Juridique
Convention fiscale franco-marocaine : ce que les Français au Maroc doivent savoir
Résidence fiscale, double imposition, revenus salariaux et immobiliers : la convention entre la France et le Maroc organise la répartition du droit d'imposer. Décryptage.

La convention fiscale conclue entre la France et le Maroc est l'un des textes les plus utiles pour les ressortissants français qui s'installent ou travaillent au Maroc, ainsi que pour les entreprises françaises qui y opèrent. Elle évite la double imposition — situation dans laquelle un même revenu serait taxé à la fois en France et au Maroc — et détermine quel État a le droit d'imposer chaque type de revenu.
La résidence fiscale : critère central de la convention
La convention détermine dans quel État vous êtes considéré comme résident fiscal. Ce statut est fondamental : c'est lui qui détermine votre obligation fiscale générale (dans votre État de résidence) et les droits d'imposition de l'autre État.
La résidence fiscale est déterminée selon des critères hiérarchiques : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. En cas de conflit de résidence entre les deux États, ces critères sont appliqués successivement jusqu'à ce que la résidence soit établie dans l'un des deux pays.
Règle pratique : si vous avez des liens économiques forts dans les deux pays (famille, propriété, activité professionnelle), votre résidence fiscale peut faire l'objet d'un désaccord entre les deux administrations. Une analyse préalable est indispensable avant toute installation.
Revenus salariaux et revenus d'activité
Pour les salariés travaillant dans un pays tout en résidant dans l'autre, la convention prévoit des règles précises sur l'État qui a le droit d'imposer les revenus du travail. En général, les revenus sont imposables dans l'État où le travail est exercé, sauf exceptions (missions courtes, fonctionnaires, etc.).
Revenus immobiliers
Les revenus provenant de biens immobiliers (loyers, plus-values immobilières) sont en principe imposables dans l'État où est situé l'immeuble. Un résident français percevant des loyers d'un bien situé au Maroc est donc en principe imposable au Maroc sur ces revenus, sous réserve des mécanismes d'élimination de la double imposition prévus par la convention.
Dividendes, intérêts et redevances
La convention prévoit des taux de retenue à la source réduits pour les dividendes, les intérêts et les redevances versés entre les deux États. Ces taux sont généralement inférieurs aux taux de droit interne de chaque pays — d'où l'importance de se prévaloir de la convention lors de chaque paiement transfrontalier.
Élimination de la double imposition
La convention prévoit deux méthodes principales pour éliminer la double imposition :
- La méthode d'exonération : le revenu imposé dans un État est exonéré dans l'autre
- La méthode du crédit d'impôt : le revenu est imposé dans les deux États, mais l'impôt payé dans un État est imputé sur l'impôt dû dans l'autre
La méthode applicable dépend du type de revenu et des dispositions spécifiques de la convention.
Se prévaloir de la convention : les démarches pratiques
Pour bénéficier des avantages de la convention (taux réduit de retenue à la source, exonération), il est généralement nécessaire de produire un certificat de résidence fiscale délivré par l'administration de votre pays de résidence. Ce certificat est à remettre au débiteur des revenus ou à l'administration fiscale de l'autre pays.
Notre cabinet à Tanger accompagne les ressortissants français et les entreprises françaises opérant au Maroc dans l'application de la convention fiscale : détermination de la résidence fiscale, optimisation des flux transfrontaliers et gestion des obligations déclaratives dans les deux pays. Contactez-nous.